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samedi 11 septembre 2010

Blue washing : mettre ses bottines où vont ses babines

Blue washing, expression que j'emprunte au green washing, pourrait être traduite en «blanchissage bleu»; «bleuissage»; «maquillage bleu»; «québéfoutaise» et j'en passe. Elle décrit le fait de clâmer son amour inconditionnel pour le Québec, sa culture et sa langue, son peuple et sa société, avec beaucoup de mots et peu de gestes concrets.

Parmi les bleuisseux, on retrouve les brandisseux de drapeaux fleurdelisés qui ont toute la difficulté du monde à bien parler la langue qu'ils défendent. On compte parmi eux les gens qui attribuent tous leurs malheurs aux «méchants» du Canada anglais et qui investissent très peu de responsabilité individuelle et collective à l'intérieur des frontières québécoises. On y voit également ceux qui idéalisent le Québec sans même s'intéresser à ce qui s'y passe. Eh oui! J'en côtoie quotidiennement.

Aimer le Québec, c'est la même chose qu'aimer une autre personne. Les mots doux et les pancartes ne suffisent pas. Il faut apprendre à aimer par des gestes concrets, avec fidélité et équilibre.

Par exemple, les relations amoureuses peuvent être saines comme elles peuvent être destructrices, selon qu'on aime constructivement ou qu'on aime pour posséder et contrôler. L'équilibre relationnel doit être maintenu pour éviter qu'un des deux partenaires ne se sente écrasé par l'autre, etc. Aussi faut-il que les deux puissent ressentir l'équité : la responsabilité d'un envers le couple, la responsabilité d'un envers l'autre, la responsabilité du couple envers l'un et l'autre. J'ai toujours argué qu'un couple est un ménage à trois : moi, toi et nous. J'ai besoin d'un MOI fort pour que NOUS puissions assurer le bonheur, la stabilité et la sécurité à TOI aussi.

Le MOI, c'est la Québécoise et le Québécois qui se sent responsable individuellement en tant que membre du collectif appelé Québec. Assurer un MOI fort revient à dire «Que puis-je faire pour mon Québec?» au lieu de «Que peut faire mon Québec pour moi?». Chaque autre TOI du collectif est un MOI.

Le NOUS, c'est l'ensemble de ces valeureuses Québécoises et de ces valeureux Québécois qui, ensemble, se concertent, partagent et s'entraident pour que tous les MOI et les TOI du collectif Québec puissent se sentir heureux d'être au sein du NOUS.

Comme en amour, les paroles doivent refléter l'image des gestes concrets et vice versa. On a beau vouloir protéger le français, encore faut-il prouver son amour en investissant la volonté de bien le parler, l'écrire et l'enseigner à la prochaine génération.

Comme en amour, l'exclusivité obsessionnelle tue le couple. Il n'est pas nécessaire de haïr les nations voisines pour prouver sa fidélité au Québec. Le jaloux qui force son conjoint à s'aliéner ses amis pour mieux assurer sa souveraineté amoureuse a besoin d'un psychologue, voire d'un psychiatre! Je connais de parfaits amoureux du Québec qui parlent anglais pour garder les yeux ouverts sur le monde, sans diluer d'aucune façon leur allégeance à leur culture et à leur langue. J'en fais partie!

Manifester dans les rues tout habillé de bleu ne fait pas le moine. Posez votre regard sur les humains qui, hors de portée des projecteurs et des caméras, oeuvrent à bâtir le Québec, à consolider le français en aidant ses pairs à mieux le maîtriser, à publier aux quatre vents les beautés de sa culture, à inviter le monde à apprécier son NOUS, plein de MOI et de TOI forts et heureux.

Si tu aimes ton Québec, prouve-le par des gestes concrets. Pas du pelletage de responsabilités. Et laisse le drapeau au haut du mât, là où tu ne risques pas de piler dessus en manifestant dans la rue boueuse.

Jean-François Néron - Tuxdequébec

lundi 27 avril 2009

Québec autonome et responsable

C'est quoi, un Québec responsable? Être responsable, c'est répondre de ses gestes, bons ou mauvais. Ça s'applique sur le plan politique, commercial et individuel.

La situation économique est mauvaise cette année et être moumoune n'aide en rien. La culture politique et économique au Québec est moumoune. On souffre de moumounisme chronique et ça nous fourre dans le chocolat. Les dirigeants québécois ont tellement peur de froisser quiconque qu'ils ne sévissent que très timidement contre les contrevenants. En plus, dans notre belle république en devenir, on a les gaugauchistes qui protègent tout ce qui respire, abuseur ou pas. Protection des droits de ci, des droits de ça... Protection des droits de l'abus de la personne; un vrai buffet pour les fraudeurs de tout acabit.

Prenons l'exemple d'un chauffeur (ou d'une chaufferette) qui se fait arrêter pour vitesse au volant en pleine ville. Pourquoi ne pas lui infliger un sort tellement retentissant qu'il/elle n'oserait jamais recommencer et que l'exemple marquerait au fer rouge toute la communauté. Comme un criminel pogné avant qu'il ne tue un enfant. Première infraction: cinq mille dollars. Deuxième: quinze mille, Basile! Encore? Quarante mille piastres, espèce de tête de cochon. Ou pourquoi ne pas le mettre aux travaux forcés: va réparer les nids de poule (que tu crées par tes excès, moron) ou bien une conférence dans une cinquantaine de cégeps de la province pour illustrer l'impact des accidents sur les familles endeuillées. Suffisamment de fois pour que le/la stupide en ait mémorisé le texte et les photos. Et gorish, s'il vous plaît. Une bonne punition qui fait assez mal! Pas une 'tite taloche moumoune comme notre système de justice administre aujourd'hui!

C'est comme l'histoire de l'application de la Loi sur la langue française au Québec. Une vraie farce. Une émission de télévision rapportait récemment qu'à Montréal, on pouvait se faire refuser un emploi dans un commerce si on n'était pas unilingue anglais. L'application de la Loi, ici aussi, est timide. Les fautifs préfèrent payer l'amende et persévérer dans l'illégalité, c'est moins cher payé que de changer. Qu'ont-ils à craindre? Une meute de manifestants avec des pancartes «Québec français» bourrées de fautes d'orthographe et d'accord. Ça prend quelque chose de plus convaincant. Par exemple, le commerce contrevenant pourrait être contraint à fermer boutique pour une journée. Toute une journée où sa clientèle apprend qu'il existe des concurrents. Ça, ça fait vraiment mal. En cas de récidive, une semaine!

Voulez vous un Québec moumoune ou bien un Québec qui se tient debout? Matière à réflexion.